Je suis désolée.

Je m'en excuse, mais je ne suis pas assez forte. J'ai mal partout et je m'écroule. Je n'arrive même plus à respirer. Et vous voudriez que j'écrive ? Je ne peux pas. Mes doigts se fissurent lorsqu'ils s'approchent d'un clavier, et se révulsent lorsqu'ils frôlent un stylo. Mon corps rejette toute tentative d'extériorisation. J'appelle ça mon autodestruction contrôlée et je ris jaune. Et à chaque fois que mon c½ur se craquelle un peu plus, je pense aux dizaines de personne qui ont cru en moi et je récupère quelques miettes de sentiments. Par ce qu'on est maso ou on ne l'est pas, hein.

Ca ne veut pas dire que j'arrête. La preuve, le chapitre trois est là, et j'ai tout remis en ligne. Mais ça veut dire que je ne peux plus être aussi impliquée qu'avant. Ni donner autant de temps. Ecrire, en ce moment, c'est long et douloureux. Mais j'ai besoin de ça, et j'ai besoin de vous, alors je continue. C'est comme un accouchement, somme toute. Ca fait mal, mais qu'est ce qu'on aime le résultat...

# Posté le mardi 29 septembre 2009 13:11

Modifié le mercredi 30 septembre 2009 04:58

BLOG SUR BH☜ ♥ ☞ B L O O D Y - H I L L L e s - i m m o r t e l s

BLOG SUR BH☜ ♥ ☞ B L O O D Y - H I L L  L e s - i m m o r t e l s
FOREVER IS FINE

J'ai pansé mes plaies. J'ai crié. J'ai recherché une raison de vivre, avec ferveur. J'ai tout détruit dans l'espoir de me retrouver. J'ai piétiné mon coeur. J'ai écrasé mon corps meurtri pour en extraire la bile amère de mes boyaux. J'ai sondé ma carcasse rouillée pour y attraper la la vile créature qui y sommeillait ; en vain. J'ai tenu bon.

Puis, j'ai écrit. Des lignes et des lignes, jusqu'à en voir tourbillonner les mots. Jusqu'à en pleurer.
J'ai créé Lyn, j'ai créé Ambre. Ils ont vécu.

Enfin, je vous ai trouvées, vous. Mes lectrices, si chères, si essentielles.
Pour vous, Bloody Hill renait de ses cendres.
Sans Bill. Désormais, accueillez Adrian Lay.

Reading & Love are Life's essential feelings.




Merci à la Première ♥, à mon Scarabée, à Super-Servy, à El`, à Dévone, à Emily... à ces adorables premières lectrices.

# Posté le dimanche 23 novembre 2008 04:09

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 06:22

a m b r e & l y n Givemeyourbloodandyoursoul

a m b r e & l y n Givemeyourbloodandyoursoul
Ambre tendit les doigts vers la figure inconnue qui ornait l'obscurité ambiante. Les larmes coulaient le long de son joli visage rougi par le froid, traçant des filons transparents sur sa peau d'albâtre. La jeune fille leva les yeux vers la silhouette qui ne semblait pas vouloir se détacher du paysage glacé.

- Lyn ?

Son désespoir grandissait aussi vite que la lumière. Le n½ud dans son ventre se resserrait, se resserrait... comme l'étau qui allait bientôt se refermer sur elle. Elle retint sa respiration quelques secondes, comme pour empêcher ses épaules d'être soulevées de soubresauts entre ses sanglots, et réitéra son appel.

- Lyn ?

Un silence noir et amer lui répondit. Le c½ur meurtri, Ambre cracha par terre. Un liquide rouge éclaboussa les graviers éparpillés sur le sol. L'adolescente tituba, du sang dégouttant toujours de ses lèvres.
Maintenant agenouillée, elle murmura le prénom tant aimé, une dernière fois. Sans espoir.

-Lyn ?

Horreur.

- Je t'en supplie...

Elle se rendit compte alors que son sang était rouge.
Pas noir.

Rouge.

# Posté le mardi 10 février 2009 16:18

Modifié le mercredi 30 septembre 2009 04:52

- P R E M I E R Puissance machiavélique orchestrée par les Cieux.

- P R E M I E R Puissance machiavélique orchestrée par les Cieux.

Mackenzie Leader leva la tête. Au-dessus d'elle se trouvait un magnifique dôme en verre aux arabesques gothiques, serti de vitraux luxueux mêlant rouge et bleu avec justesse. La jeune fille jeta un regard autour d'elle, cette fois-ci. De longs miroirs aux bords dorés agrémentaient la salle, tant et si bien qu'elle pouvait observer son propre portrait en dix exemplaires identiques lors d'une inspection circulaire de la salle. Elle s'approcha des grandes plaques en verre. L'image que lui renvoyaient ces témoins du haut narcissisme humain était celle d'une jolie jeune fille, presque femme, de beaux cheveux blonds ondulant sur ses épaules, des yeux bleus entourés de khôl, un corps bien fait, une tenue dans les tons pastels. Mackenzie Leader était belle et le savait. Voilà ce qui faisait sa force, son charme.
Elle tourna la tête vers la jeune fille rousse installée dans un coin qui regardait la scène avec amusement depuis le début de l'introspection de Mackenzie. L'adolescente aux cheveux de feu sourit, et ses yeux verts luirent d'un étrange éclat. Elle, elle n'était pas seulement belle. Elle était magnifique, la beauté faite femme. Sans le savoir. Et comme elle n'en prenait pas conscience, elle se tassait, et cachait cette beauté par bien des artifices, comme si son inconscient lui avait dicté l'autodestruction.

-Dis, Ambre, demanda Mackenzie, tu es sure de vouloir étudier ici ?
-Oui.


La dénommée Ambre secoua la tête d'un air catégorique, soutenant sa décision avec ferveur. Ce lieu, le pensionnat Saint Halley, était l'un des lycées les plus réputés d'Angleterre. Le plus cher, aussi ; mais ce dernier point n'était pas un souci pour les deux jeunes filles.

-J'aime cet endroit, affirma Ambre d'un air posé. Je suis heureuse que l'on nous ait laissées entrer.
-Oui. Quand tu leur as demandé l'autorisation, tout à l'heure, j'ai cru qu'ils refuseraient. En plein moi de juin...


Mackenzie sourit, et son amie lui sourit en retour. Ambre se leva de sa chaise, et glissa gracieusement jusqu'à elle. Elle lui prit la main et regarda l'étendue des magnifiques jardins qui s'offrait à leur vue depuis la fenêtre.

Au loin, une horloge d'église sonnait quatre heures.


Lyn Megan

Depuis tout petit, j'aimais les trains. Le bruit de la locomotive, l'odeur de la fumée à l'arrivée, la façon dont le paysage filait à une allure folle derrière la vitre... Tout me plaisait dans les voyages faits à bord de ce moyen de locomotion. Même maintenant, où je m'éloignais doucement de chez moi, j'appréciais la douce cadence du moteur contre mes reins, répercutée dans tout mon être. Je plaquai ma joue contre la vitre froide et embuée de mon wagon, pour ne faire plus qu'un avec la machine. Ainsi était ma vie. Mes rares moments de communion avec le monde étaient pour moi de ces caprices essentiels à la survie des sentiments. Pour ne pas devenir une carcasse métallique pourvue d'un c½ur en cadastres, je devais m'offrir des instants de retour à l'état primitif. Un petit bruit succinct, une brève secousse, et mon corps fut informé de l'arrivée du train bien avant mon esprit. Mes muscles se bandèrent par automatisme et pendant quelques secondes, je me trouvai hors du temps, en position de prédateur. Puis, comme une douche froide, la fade réalité resurgit en moi. J'attrapai ma valise et me glissai hors du véhicule, touchant à peine terre tant mon petit saut avait été savamment préparé. J'aperçus rapidement mes amis en bord de quai, et je me dirigeai hâtivement vers eux, mon esprit sondant déjà le monde aux alentours. Je vis mon meilleur ami Ulrich et sa petite amie Lilith courir vers moi, mains dans la main. Les cheveux bleutés de cette dernière renvoyèrent vers moi des reflets étrangers, une lumière blanche qui faillit m'arracher les yeux. Et soudain, l'évidence s'imposa en moi comme le premier souffle.

Je savais.

Ambre enfila un maillot de bain deux pièces rouge et sortit de sa chambre un sourire victorieux au lèvres. Comme elle aimait la France, surtout la Côte d'Azur... ! La jeune fille courut rejoindre sa meilleure amie sur la plage, sautillant et faisant claquer ses tongs sur le carrelage de la maison.
Mackenzie l'attendait, serviette à la main.

-On y va ?

Ambre acquiesça. Elle agrippa son sac et enduit ses bras de crème solaire, puis proposa le tube à son amie.

-Non, sans façon ! Rit Mackenzie. Je m'en suis déjà tartinée trois fois !
-On va où, exactement ?
-En ville,
répondit l'adolescente blonde, surprise par la froideur d'Ambre.

La rousse hocha la tête, et se mordit la lèvre inférieure. Les deux jeunes filles se mirent en marche, après avoir chaussé leur converses, tongs à la main. Elles voyaient déjà l'asphalte brulante se profiler la où le sable touchait à sa fin.


Adrian Lay

La chasse commença. Je vis chacun des membres de ma famille s'élancer avec puissance vers les proies. Aujourd'hui, ils étaient quatre. Quatre randonneurs égarés. Tant pis pour eux, c'était la dure loi de la chaine alimentaire.
Je sentais le vent fouetter mon visage de pierre, témoin de ma vitesse surnaturelle. Tous mes membres à l'affut, j'arquais mes muscles pour sauter. Le premier était pour moi. Glissant mes doigts autour de son cou, je tournai avec douceur la tête de l'humain vers moi. Ses yeux me suppliaient, mais la pitié faisait depuis longtemps partie des sentiments que je ne pouvais plus ressentir.

Je plantai mes canines dans sa gorge.

Le sang dégoulinant de mes lèvres, je respirais enfin. Mon esprit vagabonda du côté de mes semblables, et je jetai un regard dédaigneux à mes partenaires de chasse. Ils n'avaient pas encore leur pâture, les incapables ! Soudain, je sentis une présence étrangère dans la grande plaine enneigée. Le coeur battant, je retournai mon visage vers le sommet de la colline. Un groupe de... personnes descendait vers nous. Ce n'était pas des humains. Il n'avaient aucune odeur. Le premier d'entre eux, un jeune homme, dix-huit ans au plus, avançait plus vite que les autres. Je le détaillai. Très beau visage, les yeux mauves, les cheveux noirs aux reflets violets. Il souriait, mais son sourire était dur. Pour la première fois de ma longue vie, j'eus peur. Il me fixai, son regard d'acier transperçant chacune de mes fibres vitales. J'étais la proie.
Décontenancé par cette soudaine inversion des rôles, je reculai. Le souffle hiératique, le corps fébrile, je sentis un feulement sourd sortir de ma cage thoracique.

Je compris.

Je passai nerveusement la main dans mes longs cheveux noirs. Les miens, apeurés, vinrent se ranger derrière moi. Le jeune homme ouvrit la bouche, et nous nous retînmes tous de respirer.

- Je m'appelle Lyn Megan.

La lutte commença.

# Posté le mercredi 11 février 2009 11:36

Modifié le mercredi 30 septembre 2009 04:53

- D E U X I E M E Je vis dans une maison de verre, à moitié remplie de ton eau ; sans s'arrêter, le niveau monte.

- D E U X I E M E Je vis dans une maison de verre, à moitié remplie de ton eau ; sans s'arrêter,  le niveau monte.
Ambre Freelan regardait fixement son nouvel uniforme, cette chemise blanche immaculée, cette jupe noire, cette cravate rouge... et eu l'impression de les avoir déjà portés dans une autre vie. Elle les enfila, toujours pensive, et alla s'admirer dans le miroir de sa chambre, sa belle grande chambre londonienne qu'elle ne reverrait pas de si tôt... Ambre soupira.

-Chérie... Sa mère l'appelait.
-J'arrive.
-Ton taxi est arrivé.


La jeune fille se dépêcha de porter sa parka et agrippa, d'une main son parapluie, de l'autre sa valise. Sa mère lui tendit un petit sac à main et l'attira dans ses bras.

-Tu vas me manquer, puce.
-A moi aussi maman. Dis à papa que je l'aime.
-Il regrette tellement d'être en voyage d'affaires, chérie...
-C'est bon, il m'a dit au revoir la semaine dernière.
-Ambre...
-Salut maman. Sinon je vais pleurer.
-Ambre...


Elle couru vers le véhicule noir pour cacher ses larmes. S'affalant sur le siège arrière, elle souffla :

-Gare Padington, s'il vous plait.



Lyn Megan

Le train, de nouveau. Le même manège en moi, à un détail près. Je comprends tout. Chaque pulsation de mon coeur a désormais un sens. Cette raison se trouve deux wagons plus loin. Elle respire à petite gorgées l'air pollué ambiant. Elle essaye de lire un magazine stupide acheté à la gare à la dernière minute, son iPod vissé sur les oreilles. Elle cherche son gloss dans son sac à main, et réajuste son maquillage. Elle s'appelle Ambre Freelan. Elle est presque à moi. Et presque à Lui.


Mackenzie Leader

Je vis arriver le train avant de réaliser ce que signifiait tout ce raffut en moi. Car c'est bien de cela qu'il s'agissait, de la fin de notre innocence. De l'abandon du nid. De la mort de l'éden.
En réalité, les rêves que je faisait fréquemment ces derniers temps m'avaient effrayée. Je n'en avais parlé à personne, mais ces songes obsédants pleins de sang et de cris me marquaient et je me réveillais souvent en larmes, un nom inconnu posé sur mes lèvres, les scindant de souffrance. Pas superstitieuse pour un sou, je ne voulais pas les prendre pour des prémonitions, mais ma raison flanchait vers minuit, quand le marchand de sable passait sonner le glas de l'ouverture de mes atroces prisons aux filaments bleutés.
Le train était désormais complètement en gare. Je savais qu'Ambre était déjà à l'intérieur, depuis la gare Padington. Je grimpai les marches d'un pas rapide, agrippant ma valise d'une poigne ferme. Que ce satané bagage était lourd... Et mon téléphone qui sonnait ! Comment allais-je faire pour l'attraper ? Me contorsionnant dans tout les sens, je happai l'appareil tant convoité, mais la sonnerie s'était arrêtée. Ambre ; marquait l'écran. J'appuyai sur l'icône verte de mon clavier, et je ris en entendant un téléphone sonner dans le wagon d'à côté.

-Ambre ! Criai-je.
-Mon doudou ! Hurla-t-elle, presque hystérique.
-Ça va ? Je la tenais désormais dans mes bras.
-Ouais. Bof. Mon père n'est même pas venu me dire au revoir.

Je me tu, ne sachant pas quoi dire pour la réconforter. Nous allâmes nous assoir dans son wagon, et elle me parla de tout et de rien pendant tout le trajet, jouant son rôle à la perfection. La mascarade n'était visible que par moi, qui voyait de tant en tant un furtif éclat de douleur traverser ses yeux.

-

Ambre laissait vagabonder son regard le long de la vitre, le souffle fatigué. Vivre faisait mal, même si elle ne savait pas d'où déferlait ce mal-être. Il se trouvait là, enfoui en elle, tout simplement ; et il avait attendu le pire des moments pour éclore : le jour de son départ.
Ambre soupira. La vie était décidément trop difficile et alambiquée. Un véritable désastre émotionnel.
Pourquoi son corps et son coeur n'étaient-ils donc jamais d'accord ? Ses yeux bataillaient avec son âme, les premiers essayant de faire exploser ses réserves lacrymales, la dernière hurlant à gorge déployée qu'inquiéter Mackenzie était la pire chose à faire. Ambre souffla sur la mèche de cheveux roux qui lui barrait le visage, et émit un rire, certes très faux, mais plus réussi que le précédant. Sa meilleure amie lui sourit d'un air encourageant.

-On arrive, articula-t-elle doucement.
-Cool, fit évasement Ambre, l'esprit totalement ailleurs.

Le train s'arrêta assez brutalement, et les portes s'ouvrirent. Schlack ! Ambre inspira un bon coup et posa pied à terre. Toutes ses craintes s'évaporèrent.Sa place était ici.
Elle observa l'immense château gris avec vif intérêt : après tout, elle s'apprêtait à lui offrir une année de sa vie !
L'édifice était somptueux. Des calèches vinrent les chercher pour les mener jusqu'à une énorme porte métalique, précédée d'un pont-levis. Les deux jeunes filles nageaient en pleine féérie. En face d'elles, secoués par les soubresauts de leur moyen de locomotion, deux adolescents parlaient avec animation. Le premier avait les cheveux bronze et de jolis yeux dorés, et était sûrement très beau, voire même magnifique, sauf que le garçon à côté de lui éclipsait toute beauté existante. Ambre le buvait du regard, car il était impossible de détacher les yeux de cette merveille. Un visage fin, une peau de porcelaine, des yeux mauves, un sourire en coin, et une chevelure aux reflets violets. Ce jeune homme avait l'apparence d'un ange. Non. D'un archange. Non. D'un Dieu. Ou... d'un démon.

_

Ambre Freelan

Il est des visage qu'on ne peut oublier. Celui de Lyn Megan m'a certainement marquée à tout jamais. Toute la soirée, je n'ai pu arrêter de le regarder, de l'observer, comme pour vérifier si cette apparition divine -car il ne peut être que cela- allait s'envoler. Mais non. Il est resté, rieur, calme, beau, beau à en crever. Il me regardait aussi, quelques fois. Ce qui aurait pu passer pour de ridicules oeillades langoureuses était dans ses prunelles le plus sombre des aveux. Lyn Megan n'est pas ce qu'il prétend être, un simple lycéen. Il est plus. J'ai vu dans ses yeux couleur cassis plus d'horreurs qu'un pauvre humain ne peut en supporter. Il a des yeux qui n'ont jamais pleuré, qui jamais ne se sont soulagés. Il a les yeux du lion comme ceux de l'agneau, ceux du chasseur comme ceux de la proie, ceux du tueur comme ceux de la victime. Complexe. Emmêlé. Sublime. Voici celui qui en quelques millièmes de seconde à volé mon coeur.


-Crois-tu être assez forte ?
-Pour quoi ?
-Pour me résister.
-Je n'essaie pas, Lyn.
-Si. A chaque fois que tu me dis je t'aime.


# Posté le lundi 16 février 2009 17:23

Modifié le mercredi 30 septembre 2009 04:53

- T R O I SI E M E Autodestruction enclanchée.

- T R O I SI E M E Autodestruction enclanchée.
L'homme marchait d'un pas tranquille le long de la nationale. Son esprit vagabondait du côté de sa fiancée, qu'il n'avait pas vue depuis une semaine, à cause de ce putain de boulot minable. Il la rejoindrait bientôt, encore trente minute de trajet et...
La douleur fut fulgurante.
Comme de pics de glace qui lui auraient traversé la nuque. L'homme sentit un liquide poisseux couler le long de son cou. Du sang, pensa-t-il. Mon sang. La douleur l'irradia de plus belle. Ce ne sont pas des pics, réalisa-t-il avec horreur.
________________________________________Ce sont des dents.

Lyn Megan courait comme un fou, tout en savant qu'il arriverait trop tard. Il maudit son enveloppe corporelle humaine de s'être laissée distraire. Ses sens de prédateur avaient vite repris le dessus, pas assez cependant pour lui permettre de rejoindre l'homme à temps. Lyn courait, courait, volait presque. Ses pieds frôlaient à peine terre, et tel Hermès, messager des Dieux aux sandales aillées, il semblait se fendre dans l'air, se mouvant avec une vitesse irréelle.
Il s'arrêta au moment même où la carcasse de ce qu'était l'homme tombait au sol. Vide.
Lyn déglutit, pris de malaise.
Devant lui, les babines dégoulinantes, comme un roi barbare, trônait la Bête.
Le Vampire.
Le Fléau.
La Mort personnifiée, la Douleur faite Homme.
Adrian Lay était le plus angélique des Diables.
Le deuxième combat commença.
Lyn Megan explosa, déploya ses ailes, et sortit ses griffes. Sa haine devant une telle cruauté et un tel non-respect de la vie était immense. Il frappa, coupa, mordit, renversa ; gifla, même. La colère est plus forte que tout, et Lyn était colère.

Johanna Wund atterrit à côté de Lyn. Ni lui, ni Adrian ne l'avaient vue venir.

-Je n'ai pas besoin d'aide, marmonna Lyn.
-Moi, je crois que si, rétorqua la jeune fille en montrant la silhouette sombre qui se détacha de la nuit pour s'approcher d'Adrian.
-Oh... souffla Lyn. Je vois.

Locki Steevens posa sa main droite sur l'épaule d'Adrian et lui murmura quelque chose à l'oreille. Puis, aussi rapide qu'une fusée, il fonça sur Johanna.

Le troisième combat commença.

__

La première journée de cours au lycée de Saint Halley s'annonçait radieuse. Une des rares matinées ensoleillées au pays de la pluie qu'était l'Angleterre. Quand Mackenzie ouvrit les rideaux des fenêtres de leur petite chambre, Ambre sourit, admirant la beauté du paysage sous l'éclatant astre céleste. Avant de se casser la figure.
Ce fut une chute mémorable. Un salto avant parfait, effectué avec la plus grande... grâce ; causé par une pantoufle sadique. Ambre s'était levée, avait fait deux pas, puis s'était emmêlé les pieds dans un chausson. Avant de s'étaler de tout son long. Mackenzie explosa d'un rire tonitruant.

-Oh non ! Sanglota Ambre. Ne te moque pas de moi !
-Peux pas,
souffla son amie, hors d'haleine, trop drôle.
-Tu ne m'aimes paaaas...
s'exclama Ambre en pleurant carrément. Diantre, que le sol était dur !
-Ne tombe pas dans le mélo ! Protesta Mackenzie.
-Je suis déjà tombée tout court !

Elles se mirent à rire sans pouvoir s'arrêter.

-Allez, viens, on va rater le petit-déjeuner, lança la rousse en reprenant son souffle.

Elles se préparèrent en gloussant, enfilant leurs jolis uniformes et s'admirant dans le miroir.

-Oh, t'es trop belle, Ambre, faut ab-so-lu-ment que je te maquille.
-Mouais. Non.
-Si.
-NON.
-Si.


Ambre capitula et se laissa faire. Le résultat était époustouflant : deux traits de Khol soulignaient son regard vert et un peu de rouge rehaussait ses pommettes. Mackenzie était certaine que tous les garçons allaient tomber raides dingues d'elle. Elle rit intérieurement à la pensée de tout le réfectoire par terre. Réfectoire qu'elles devaient peut-être songer à rejoindre.

Ambre Freelan

Je passai toute la matinée à essayer de délier le complexe noeud marin qui avait pris place dans mon ventre. Lorsque j'eu enfin réussi à avaler quelque chose, il était déjà quatre heures, la fin des cours obligatoires. J'avais maintenant Grec Ancien, et Mackenzie Latin. A la seule pensée que j'allais devoir me séparer d'elle, mes entrailles se tordirent, ce qui eu pour résultat d'anéantir mes heures de dur labeur et de dénouage incessant.
J'avais également donné la moitié de mon temps à l'observation de Lyn Megan, qui était décidément bien trop beau pour son propre bien. Il avait l'air fatigué mais souriait à tout le monde, répondant au questions qu'on lui posait et aidant professeurs et élèves. En gros, il puait la bonté à plein nez, et je ne savais qu'en juger. Je croisai son regard plusieurs fois dans la journée : une le matin, quand le professeur de mathématiques me demanda mon nom et que Lyn tourna la tête avec interêt ; une à midi, quand je faillis renverser mon assiette sur lui ; et une dans les couloirs, quand Macky et moi cherchions notre prochaine salle.
Arrivée à la porte que m'indiquait mon emploi du temps, je fus plus que surprise de le trouver accoudé au mur environnant.

-Tu... tu fais Grec ?
Bégayai-je bêtement.
-Ouais, depuis longtemps. Et toi ?
-Je, euh, trois ans, deux heures par semaine,
récitai-je, troublée par son sourire. Ce type là avait le don pour vous mettre mal à l'aise.
-Cool, lâcha-t-il en plongeant ses orbes violettes dans mes yeux verts.
-Tes yeux, lançai-je.
-Quoi, mes yeux ? Sourit-il.
-C'est... des lentilles ? Ou bien..?
-Oh, non. C'est leur couleur naturelle. Bizarre, hein ?
-C'est surtout très beau,
murmurai-je, hypnotisée par les reflets de son regard.
-Merci, souffla-t-il. Il voulut continuer, mais le professeur arriva, avec à sa suite six élèves.

Je soupirai et pris place au dernier rang, avec lassitude.

-Je peux ? Fit une voix que je commençai à connaître.

Je levai les yeux pour apercevoir Lyn, qui s'était penché vers moi.

-Ouais. Ouais, bien sûr.

_

Ambre sortit de la classe en riant aux éclats. Lyn marchait à côté d'elle, apparemment satisfait de son petit effet. Les mains dans les poches, le sourire rêveur, il était l'image même de la décontraction, d'une beauté à s'en faire mal aux yeux et au coeur en même temps. Ambre se dit qu'elle avait beaucoup de chance qu'un garçon comme celui-ci s'intéresse à elle, ne serait-ce qu'en amie. Il n'était pas seulement beau, mais aussi réfléchi et passionné à la fois, drôle et sérieux, intelligent mais joueur. Un magnifique paradoxe ambulant.
La jeune fille fut sortie de ses pensées par une tornade blonde qui se jeta sur elle et la propulsa deux mètres en arrière, avant qu'elle n'aille s'écraser contre un mur avec son assaillant.
Mackenzie la fixait d'un regard surexcité.

-Kiaaaa ! Ambi chérie, tu ne devineras ja-mais.

Ambre leva les yeux au ciel, espérant juste que Lyn ne la trouve pas trop puérile. Puis, elle le vit qui s'esclaffait avec douceur, et elle se retourna vers son amie, rassurée.

-Non je ne devinerai pas. Je t'écoute.
-Il est TROP beau,
s'exclama Mackenzie en faisant de grand moulinets avec ses bras.
-Qui ? Voulut savoir Ambre.
-Genre beau brun ténébreux, le regard de braise, sourire enjôleur... continua la blonde sans prêter attention à sa meilleure amie.
-Mais QUI ?
-Bah, le mec qui est devant moi en Latin
, fit Mackenzie, étonnée, comme s'il s'agissait d'une évidence.

Ambre rit d'un air blasé.

-Il s'appelle Adrian Lay, l'informa la puce hyperactive qui lui servait d'amie.

Au loin, elle vu Lyn Megan grimacer.

# Posté le mardi 23 juin 2009 05:25

Modifié le samedi 24 octobre 2009 18:10